A la fin de la guerre de sept ans, le bon roi Louis le quinzième, commanda cent pipes en porcelaine en forme de tomahawak, ornées de la fleur de lys et comportant la date de 1765. Elles furent envoyées, au Canada, pour remercier les chefs indiens ayant pris le parti de la France contre les anglais de Montcalm.
Le Général de hussards Lassale, sous Napoléon, déclarait : « Un hussard qui ne fume pas et un mauvais soldat ». La pipe et le soldat sont inséparables. Et l'Empereur, bien que ne fumant pas, en faisait grand cas pour le bien être de ses armées. En 1808, il créa un modèle spécifique destiné aux grenadiers s'étant distingués au combat.
C'est après la guerre de Trente Ans qu'apparurent les premières fabriquent françaises de pipe en terre. Au Nord de la France, Dunkerque et Dieppe adoptèrent les procédés de fabrication hollandais. Saint Malo, pour sa part, adoptant les techniques anglaises. Dunkerque joua un rôle particulièrement important, du fait de son statut de port franc.La ville recevait ses arrivages de tabac d'Amérique du Nord et utilisait, pour la fabrication des pipes, de l'argile venue du proche Brabant. Parallèlement, d'autres Manufactures s'établiront à Rouen, Charleville, Saint Omer, Givet, Onnaing et Drèves. Plus tard, suivront Rennes, Forges, Montereau, Nîmes et Marseille.
La bruyère arborescente (erica arborea) est un arbuste qui peut atteindre quatre mètres de hauteur. Il pousse sur les pourtours du bassin méditerranéen.
Pour la fabrication des pipes, on utilise exclusivement que la souche (ou broussin) de la bruyère.C'est à dire l'excroissance située entre le pied de l'arbuste et les racines. Il s'agit d'un bois dur, dense, à grain fin et serré. L'exploitation n'est pas facile, car aux difficultés d'extraction s'ajoutent les problèmes d'accès et de transport.
Une fois extraites, les souches sont débitées à la scie circulaire, en plateaux ou en petits blocs appelés ébauchons. Le scieur doit étudier chaque quartier de souche pour en tirer le meilleur rendement. En suivant, au mieux, le veinage.
Selon la souche, il les taillera en « marseillaises » (pour les pipes droites) ou en « relève » (pour les courbes). Les ébauchons sont ensuite étuvés dans un bain porté à ébullition, pendant une journée, pour éliminer la sève et stabiliser le bois. Ils subissent ensuite un premier séchage naturel, très lent. Déjà triés par qualité, ils sont alors triés par taille.
Il existe 13 tailles de « marseillaises » et 6 tailles de « relèves ». Les ébauchons sont ensuite mis en « balle », qui constitue l'unité de mesure. Selon la grosseur du bois , une balle contient entre 24 et 72 douzaines d'ébauchons.
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